Futurs Retraités


Futurs retraités: échapperez-vous au malus?

À partir du 1er janvier 2019, les pensions complémentaires des nouveaux retraités nés après 1956 pourront être minorées de 10% pendant trois ans. Serez-vous est concerné? Nos explications.

Jusqu’à fin décembre 2018, les salariés qui prennent leur retraite à taux plein ont droit à une retraite complémentaire versée intégralement. Avec l’entrée en vigueur de l’accord signé par les partenaires sociaux en octobre 2015, la donne va changer, au 1er janvier 2019: un nouveau dispositif de bonus/malus est prévu.

• En quoi va consister le malus?

Les salariés qui, dès lors qu’ils ont droit à une retraite de base à taux plein, demanderont à bénéficier de celle-ci et en même temps de leur retraite complémentaire se verront appliquer une minoration de 10 % sur leur pension Agirc-Arrco pendant 3 ans (et au plus tard jusqu’à leurs 67 ans). L’objectif est clair: inciter les assurés à prolonger leur activité professionnelle.

Bon à savoir! Le malus s’appliquera sur l’intégralité de la retraite complémentaire, majorations familiales incluses.

• Qui est concerné?

Uniquement les futurs retraités nés à partir de 1957 qui demanderont à bénéficier de leur retraite après le 31 décembre 2018 (la réforme s’appliquant sur les retraites liquidées à effet de 2019).

Bon à savoir ! Les assurés nés à compter de 1957 mais qui prendront leur retraite avant le 1erjanvier 2019, au titre d’une retraite anticipée, ne seront pas concernés par la minoration.

• Qui sera épargné ?

Sur présentation d’un justificatif (notification d’attribution de la pension vieillesse du régime de base), certains futurs retraités vont échapper d’office à cette réduction. Il s’agit des :

assurés qui, en raison de leurs revenus, seront exonérés de CSG une fois à la retraite (pour ceux qui seront soumis à un taux réduit de CSG, la minoration temporaire sera de 5 % au lieu de 10 %) ; voir, à titre indicatif, le barème d’assujettissement à la CSG pour 2018 (celui pour 2019 n’étant pas connu encore). 

assurés handicapés;

assurés bénéficiaires d’une pension du régime de base dans le cadre du dispositif amiante;

personnes reconnues inaptes au travail;

mères ouvrières ayant élevé au moins trois enfants;

assurés ayant apporté une aide effective à leur enfant handicapé et les personnes ayant interrompu leur activité professionnelle en raison de leur qualité d’aidant familial;

anciens déportés ou internés ou anciens prisonniers de guerre ou combattants.

Bon à savoir! Les assurés qui obtiennent leur retraite complémentaire avec une minoration définitive (car ils ne bénéficient pas de leur retraite de base à taux plein) ne seront pas concernés par la réduction temporaire.

• Quel sort sera réservé aux chômeurs?

Beaucoup de seniors terminent leur carrière inscrits comme demandeur d’emploi. Dès lors qu’ils remplissent les conditions d’une retraite à taux plein, Pôle emploi cesse de les indemniser. Pour éviter une rupture de ressources, ils n’ont alors pas d’autre choix que de faire liquider leur retraite. N’ayant pas la possibilité de prolonger leur activité, ils vont donc subir de plein fouet le malus temporaire sur leur retraite complémentaire (à moins qu’ils soient exonérés de CSG ou, dans le cas contraire, qu’ils décalent d’un an le début de versement de leur retraite complémentaire, ce qui leur créerait, pendant ce délai, un manque à gagner important).

• Les retraites anticipées pour longue carrière seront-elles visées?

 La réponse est oui. Pour ne pas subir d’abattement, ces retraités devront, eux aussi, différer leur demande de retraite complémentaire d’un an.

Par exemple: un salarié né en 1959 qui remplit les conditions pour partir à 60 ans en 2019 devra attendre 61 ans pour éviter une réduction de 10% (pendant trois ans) de sa retraite complémentaire.

• Comment pourra-t-on échapper au malus?

 Il suffira pour les assurés concernés de décaler d’un an, à partir de la date où ils peuvent obtenir le taux plein pour leur retraite de base, le point de départ de leur retraite complémentaire. Comme il est peu probable que les salariés demandent à bénéficier de leur retraite de base puis, un an plus tard, de leur retraite Arrco/Agirc, la mesure devrait les encourager à travailler un an de plus ou à accepter ce malus temporaire.

Bon à savoir ! A partir de 67 ans, le malus ne s’applique plus.

• Quels sont les grands perdants?

Sur le plan financier, plus la retraite complémentaire est d’un montant élevé, plus l’impact du malus temporaire sera importante. C’est pourquoi les cadres seront particulièrement touchés.  Par exemple :

- Pierre (cadre) né en 1957, a estimé sa retraite complémentaire (Arrco+Agirc) à 2 000 euros par mois. S’il part à la retraite à 62 ans avec le taux plein, il subira une décote de 10%, pendant 3 ans, sur sa retraite complémentaire, soit 200 euros par mois pendant 36 mois. Il supportera donc un manque à gagner total de 7 200 euros.

- Paul (non cadre) né en 1957, a estimé sa retraite complémentaire Arrco à 500 euros par mois. S’il part à la retraite à 62 ans avec le taux plein, il va subir une décote de 10 % pendant 3 ans sur sa retraite complémentaire, soit 50 euros par mois pendant 36 mois. Il va donc supporter un manque à gagner total de 1 800 euros.

• Comment profiter, au contraire, d'un bonus temporaire?

Le fait de prolonger d’un an son activité professionnelle pour échapper au malus va lui-même générer des droits en plus pour le futur retraité :

- une surcote dans le régime général (pour les 4 trimestres travaillés au-delà de l’âge légal et de la durée d’assurance nécessaire au taux plein) ;

- l’acquisition de points de retraite complémentaire supplémentaires.

Le nouveau bonus en tant que tel va se déclencher pour les assurés qui décaleront le point de départ de leur retraite complémentaire d’au moins 2 ans (à partir de la date où ils remplissent les conditions pour obtenir le taux plein pour leur retraite de base). Ils bénéficieront d’une majoration du montant de leur retraite complémentaire pendant 1 an. Celle-ci sera égal à :

- 10% en décalant de 8 trimestres (2 ans),

- 20% en décalant de 12 trimestres (3 ans),

- 30% en décalant de 16 trimestres (4 ans).

Par ailleurs, hormis le bonus, plus la date de départ sera repoussée, plus l’assuré va se générer une surcote accrue pour la retraite de base et des points supplémentaires auprès des régimes complémentaires ; ceux-ci confondus amélioreront sensiblement le montant de la pension pour toute la durée de son versement (alors que le bonus est limité à 1 an).

• Quelle stratégie adopter?

Si vous êtes concerné par le futur malus, vous devez effectuer des simulations avec différents âge de départ à la retraite pour en connaître le réel impact pour vous. Pour ce faire utilisez la calculette retraite de l'Agirc-Arrco. On peut imaginer que ceux qui attendent avec impatience leur retraite ne choisiront pas de la différer d’un an, si le manque à gagner n’est pas trop lourd pour eux. Les chômeurs eux, n’auront de toute façon pas le choix! 

Lire aussi: - Retraite complémentaire Agirc-Arrco, ce qui va changer
 
               -  Fusion Agirc-Arrco, ce qui va changer pour vous

Pour en savoir plus nous vous recommandons le hors-série Notre Temps, Droits et retraite 2018, actuellement en kiosques

 



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